...j'écris sur la matière qui m'a écrit. ...scrivo della materia che mi ha scritto. Erri De Luca

A la fin de l'été 1770 à Londres, deux hommes rompent avec fracas. L'un est Frédéric de Neuhoff, personnage romanesque en vaine quête de destin historique, qui se prétend le fils de l'ancien roi des Corses, Théodore. L'autre est Pascal Paoli, ce géant abattu désormais exilé en Angleterre.
Quelques années plus tard, Frédéric de Neuhoff revient sur cette rupture. Dans une longue lettre cinglante, parfois outrancière, souvent enlevée, adressée à Paoli, il rapporte leurs relations passées et se livre à un réquisitoire implacable contre l'action du Général, une sorte de manifeste anti-paoliste.
La mise en perspective critique de ce texte permet de rétablir la vérité sur des faits des gestes et des intrigues jusqu'ici abandonnés à l'affabulation. Elle montre également combien il s'avère encore difficile d'arracher la figure de Paoli aux vieilles représentations mythiques, comme de la libérer des détournements idéologiques d'aujourd'hui.

Cette lettre inédite est traduite et commentée par François de Negroni.