...j'écris sur la matière qui m'a écrit. ...scrivo della materia che mi ha scritto. Erri De Luca

Avant de devenir journaliste, l'auteur fut infirmière dans les services psychiatriques. Paru chez Robert Laffont en 1976 Le journal fou d'une infirmière a connu un large succès de librairie, salué par de grands écrivains et critiques. Eric Eychenne en tire une pièce qui rencontra aussi un beau succès. Anna Albertini rentre en Corse fin 1979, travaille pour la radio et crée deux émissions. Elle participe également à la création de Sinemassoci - association pour le développement du cinéma corse -, écrit deux scénarii, tourne un court-métrage, participe a un ouvrage sur la double appartenance avec des psychiatres corses La Corse une affaire de famille paru chez Jeanne Laffite. Elle est aussi l'auteur de contes et de nouvelles édités par les Editions A Fior di Carta, dans le Cap Corse et d'une pièce de théâtre Le dialogue des Marguerite joué à Marseille au théâtre l'Astronef et à Aubagne au Comedia. Elle a dirigé la revue Cap 'Insème pendant cinq ans. Elle vit actuellement à Luri dans le Cap Corse.

Il y a trente ans, Anne-Xavier Albertini, infirmière en services psychiatriques, soignante de base en prise directe avec le réel pathétique et terrifiant de la folie, livrait ce témoignage bouleversant et parfois désopilant, sur l'univers des naufragés de la norme. On mesure aux vérités crues, cruelles, poignantes, que ce livre dévoile, à quel point on nous les cachait, avec notre consentement sûrement, et à quel point elles demeurent hélas actuelles et dérangeantes, car hier dit encore tout aujourd'hui. Ce constat à lui seul, justifiait la réédition de ce témoignage. Le talent d'écrivain de l'auteur est un grand bonus fait au lecteur. « Un beau chant salvateur de liberté face au cauchemar où peuvent sombrer les humains. » « Je sais que je danserai encore. Et moi, toxicomane de la vie, ivre de moi, ivre de tout, je m'avancerai sur la piste. » « Quand je verrai des barreaux le long d'une route, je les saluerai car ils m'ont beaucoup appris. Toute ma vie peut-être, j'aurais cru qu'un fou c'est un fou. Ils m'ont aidé à déchirer une camisole : la mienne. »